Lauréat(e)s 2026
Kwahiatonhk! et la Chaire de leadership en enseignement sur les littératures autochtones au Québec (Maurice-Lemire) de l’Université Laval sont fiers d’annoncer les lauréat(e)s des catégories francophones des Prix voix autochtones 2026! Le dévoilement officiel s’est déroulé le 14 juin pendant une représentation spéciale du Bingo littéraire Kwahiatonhk! au Grand théâtre de Québec, dans le cadre du festival KWE! À la rencontre des peuples autochtones.
Cette année, il y avait deux catégories francophones : prose narrative, et poésie et théâtre. Le jury, composé de Carole Labarre, Édith Bélanger et Guy Sioui Durand, a choisi de nommer une œuvre finaliste par catégorie en plus du livre gagnant. Chacune des personnes lauréates se mérite un prix en argent de 5000$.
Catégorie prose narrative en français
Comme finaliste, le jury a choisi l’œuvre Eka ashate : ne flanche pas (Mémoire d’encrier) de Naomi Fontaine. L’autrice innue y aborde des questions intimes avec une grande délicatesse, sans jamais forcer le sens ni chercher la morale. Le jury a été sensible à cette manière de raconter la vie ordinaire – les familles, les aîné·e·s, les gestes quotidiens – où se loge pourtant une forme de résistance tranquille. « Porté par un humour pince-sans-rire et une écriture d’une grande retenue, le livre laisse apparaître, par touches discrètes, quelque chose qui tient de la « moelle des os » : une recherche profondément authentique de ce qui demeure au cœur de la spiritualité innue. »

Le lauréat du Prix voix autochtone 2026 pour la catégorie prose narrative en français est Poisson d’eau douce de Jocelyn Sioui, qui a séduit le jury par son énergie de conteur et sa liberté de ton. « Entre fiction, mémoire et détours par le 17e siècle, le livre avance avec vivacité, dans une oralité pleinement assumée et une écriture qui « saute » d’une idée à l’autre sans que le lecteur perde pied. » Le jury a souligné la richesse des images, l’humour irrévérencieux, les expressions savoureuses et cette manière de faire résonner la tradition orale. Derrière cette haute voltige narrative se déploie aussi une critique continue des récits historiques dominants, toujours traversée par un profond plaisir de raconter.

Née en 1987 à Uashat, Naomi Fontaine est enseignante de français de formation (Université Laval) et écrivaine reconnue. En 2011, elle publie son premier roman poétique, Kuessipan (Mémoire d’encrier), qui connaît un immense succès. Toujours chez Mémoire d’encrier suivent Manikanetish (2017) et Shuni (2019), deux ouvrages qui approfondissent les thèmes de la transmission, de l’identité autochtone et de l’éducation. Publié en 2025, Eka ashate – Ne flanche pas est son quatrième titre. Naomi Fontaine continue de vivre et d’écrire à Uashat, participant activement à la vie culturelle de sa communauté et à la diffusion de la littérature autochtone à l’échelle nationale et internationale.
Membre de la nation wendat, Jocelyn Sioui est un auteur, marionnettiste et comédien originaire de Montréal. Il a conçu de nombreux spectacles, dont Mononk Jules (2020), Mr P (2013), Manga (2011) et Shavirez, le Tsigane des mers (2008). L’originalité de sa démarche lui a valu de nombreuses distinctions. Son projet documentaire Mononk Jules (Éditions Hannenorak, 2020), portant sur son grand‑oncle Jules Sioui, activiste wendat du XXe siècle, a permis à Jocelyn d’amorcer un nouveau cycle de création en plongeant dans son histoire familiale et ses racines autochtones.
Catégorie poésie et théâtre en français
Comme finaliste, le jury a choisi l’œuvre Poussiéreuse (Perce-Neige), premier recueil de poèmes de Jessica Gagnon. Le jury y a découvert une voix d’une maîtrise remarquable : « Rythme nerveux, forte présence orale – comme un long slam. Hommage rendu aux Wolastoqiyik et à un héritage acadien populaire. Codes défaits avec justesse, jamais seulement pour déstabiliser. » Le jury a été frappé par la liberté de la forme et par cette manière de faire sentir la vulnérabilité d’une culture sans colère tapageuse. Un premier livre qui pourrait bien faire briller une autre étoile dans la littérature wolastoqey contemporaine.

La lauréate du Prix voix autochtone 2026 pour la catégorie poésie et théâtre en français est Marie-Andrée Gill pour Uashtenamu : allumer quelque chose. Le quatrième recueil de la poète ilnue a touché le jury par la douceur et la simplicité de son écriture. Entre le Nutshimit, les peines d’amour, les voitures et les objets du quotidien, le recueil demeure attentif à la matière comme aux émotions les plus discrètes. On y retrouve des vers d’une grande limpidité, capables de bouleverser sans effet de force, ainsi qu’un important travail de revitalisation de l’innu-aimun. Une poésie généreuse qui « veut toujours donner plus de lumière à quelqu’un qui lit ».

Jessica Gagnon est une poète de la Première Nation Wolastoqiyik du Madawaska ayant grandi hors réserve. La culture wolastoqey est très importante à ses yeux. À côté de la poésie, elle pratique la danse. Danseuse de fancy shawl depuis l’âge de 12 ans, elle a également perfectionné d’autres styles qu’elle enseigne dans sa communauté. Poussiéreuse est son premier livre.
Originaire de Mashteuiatsh, Marie‑Andrée Gill est poète et écrivaine. Détentrice d’une maîtrise en littérature, elle utilise la poésie à la fois comme un acte politique et un geste de gratitude face au monde, ses défis et sa beauté. Publiés chez La Peuplade, ses quatre recueils de poésie, Béante (2012), Frayer (2015), Chauffer le dehors (2019) et Uashtenamu / Allumer quelque chose (2025), lui ont tous valu le prix « poésie/théâtre » des Prix littéraires du Salon du livre du Saguenay–Lac‑Saint‑Jean (2013, 2016, 2019, 2025).
Catégories anglophones
Les différentes catégories anglophones sont administrées directement par Indigenous Voices Awards et les personnes lauréates seront dévoilées par l’organisme lors de la Journée nationale des peuples autochtones le 21 juin 2026.



