Origines et objectifs du Pacte
L’idée de fédérer différents organismes artistiques autour d’un Pacte pour la promotion et la célébration des langues autochtones trouve son origine dans la volonté d’impliquer activement la société civile dans leur sauvegarde. Le mouvement s’appuie sur un constat clair : si les langues autochtones du Québec et du Canada ont constitué pendant des millénaires le socle identitaire, culturel et artistique du territoire, chacune de ces langues est aujourd’hui dans une situation plus que précaire. Certaines sont en dormance, d’autres n’ont plus que quelques centaines ou quelques milliers de locuteurs dans le monde. De nombreux acteurs sont engagés dans leurs communautés respectives afin de les revitaliser, mais l’ampleur de la tâche est colossale, les ressources sont extrêmement limitées et, au Québec, les lois et règlements visant la protection de la langue française entrent souvent en conflit avec l’objectif de conservation des langues autochtones.
Or, les arts peuvent être un vecteur important de vitalité et de diffusion linguistiques. Cela est bien compris au Québec où la chanson, le théâtre, le cinéma et les arts littéraires et de la parole contribuent au dynamisme et à l’attrait de la langue française. Malheureusement, les langues autochtones se retrouvent trop souvent dans l’angle mort des engagements linguistiques des producteurs et des diffuseurs. En effet, plusieurs organismes se sont dotés de règles internes ou d’objectifs légitimes visant la promotion ou la mise en valeur de la langue française, mais ceux-ci ont parfois comme conséquence fortuite de limiter, compliquer ou restreindre l’expression artistique des langues autochtones. Pourtant, ces langues ne sont aucunement une menace pour la langue française.
C’est fort de ces réflexions qu’au printemps 2026, Kwahiatonhk!, l’Institut canadien de Québec (L’ICQ) et le Réseau des arts de la parole et des arts et initiatives littéraires (RAPAIL) ont décidé de mettre sur pied le Pacte afin de rassembler des producteurs et diffuseurs artistiques francophones du Québec et du Canada autour d’un engagement concret.
Un changement de paradigme
Le Pacte propose un changement de paradigme. Au lieu de tout simplement ignorer les langues autochtones dans la formulation des politiques internes guidant leurs programmations, les signataires se sont engagés à reconnaître leur existence, leur importance, leur situation précaire et, surtout, à ne pas discriminer les artistes autochtones utilisant les langues ancestrales dans leur expression artistique. Ainsi, les organismes s’engagent à ne jamais imposer le français (ni aucune autre langue) comme langue d’expression aux artistes autochtones qu’ils produisent ou diffusent.
En acceptant de se joindre au Pacte, les signataires s’engagent donc à devenir des allié·e·s bienveillant·e·s et s’inscrivent de façon active et concrète dans le mouvement de réconciliation.



